En ce moment, il suffit de poser les yeux sur un coin d’herbe pour les voir. Les pâquerettes sont partout. Dans les jardins, au bord des chemins, dans les pelouses. On les connaît depuis l’enfance, on les effeuillait en disant « je t’aime, un peu, beaucoup… », mais on oublie souvent que cette petite fleur si familière est aussi une plante comestible et médicinale.
Les plantes sauvages sont souvent là, juste sous nos pieds, on passe devant sans les voir, alors qu’elles font partie depuis très longtemps des gestes simples de la cuisine et de la santé naturelle.
La pâquerette, que l’on appelle aussi Bellis perennis, est utilisée depuis des siècles pour ses propriétés apaisantes et réparatrices. Elle est riche en flavonoïdes, en tanins et en saponines, des composés naturels qui lui donnent des vertus anti-inflammatoires et cicatrisantes. Traditionnellement, on l’utilisait pour calmer les petits traumatismes du quotidien, les coups, les bleus ou les douleurs musculaires. Certaines personnes la surnommaient même « l’arnica des prés ».
Mais ses bienfaits ne s’arrêtent pas là. La pâquerette soutient aussi la circulation et aide le corps à éliminer en douceur. On l’utilise parfois pour accompagner les périodes où l’on se sent un peu engorgé, fatigué ou lorsque la digestion devient plus lente. C’est une plante discrète, mais étonnamment complète.
Et puis il y a la cuisine. Parce que oui, les pâquerettes se mangent.
Leur goût est légèrement végétal, un peu herbacé, parfois avec une pointe d’amertume très légère. Les fleurs peuvent simplement être ajoutées dans une salade pour apporter de la couleur et une touche sauvage à l’assiette. Elles décorent aussi très joliment un fromage frais, une tartine ou une assiette de crudités.
On peut également les utiliser en infusion. Une petite poignée de fleurs plongée dans de l’eau chaude donne une tisane douce, traditionnellement utilisée pour soutenir l’organisme au changement de saison.
Certaines personnes les préparent aussi en macération dans l’huile. Après quelques semaines, on obtient une huile de pâquerette que l’on applique sur la peau pour apaiser les petits chocs ou soutenir la fermeté cutanée. Dans la tradition populaire, elle était aussi utilisée pour raffermir la peau du buste.
Comme toujours avec les plantes sauvages, la prudence reste essentielle. On ne cueille jamais une plante si l’on n’est pas certain de son identification et on évite les zones polluées comme les bords de route ou les pelouses traitées. Même si la pâquerette est une fleur très facile à reconnaître, prendre le temps d’apprendre reste la base d’une cueillette respectueuse.
Et si l’on veut aller un peu plus loin, il existe aussi quelques façons simples de les utiliser en cuisine.
La première est probablement la plus facile : les ajouter directement dans une salade. Quelques fleurs fraîches suffisent à transformer une assiette. Elles apportent de la couleur, une petite touche sauvage et rappellent que ce que l’on mange peut aussi venir du jardin.
On peut aussi préparer un beurre fleuri aux pâquerettes. Il suffit de mélanger du beurre mou avec quelques fleurs finement ciselées, une pincée de sel et éventuellement un peu de citron. Une fois reformé en petit rouleau et placé au frais, il devient parfait sur des légumes chauds, des pommes de terre ou simplement sur une tranche de pain.
Une autre préparation très simple consiste à transformer les boutons de pâquerettes en petites câpres sauvages. Pour cela, on cueille les boutons floraux encore fermés, on les rince soigneusement à l’eau claire puis on les laisse bien s’égoutter. Dans une petite casserole, on fait chauffer 250 ml de vinaigre de cidre avec une cuillère à café de sel jusqu’à ébullition. Pendant ce temps, on remplit un petit bocal propre avec les boutons de pâquerettes. Lorsque le vinaigre est bien chaud, on le verse directement sur les fleurs jusqu’à les recouvrir complètement. Il suffit ensuite de fermer le bocal et de le conserver au réfrigérateur. Après deux semaines de macération minimum, les boutons prennent une saveur étonnamment proche des câpres et peuvent être utilisés pour relever une salade, une vinaigrette ou un plat de légumes.
Les pâquerettes sont là, sous nos yeux, année après année. Elles poussent sans qu’on leur demande rien, discrètes, simples, fidèles au retour des beaux jours. Alors peut-être qu’avant de sortir la tondeuse, on peut simplement prendre un instant pour regarder ce qui pousse dans le jardin. Les pâquerettes, les violettes et toutes ces petites fleurs sauvages sont des cadeaux de Dame Nature.
Parfois, il suffit simplement de leur laisser un peu de place… et de retarder un peu la tonte pour profiter de ce qu’elle nous offre.


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