Pour moi, les sabbats sont des points de repère, des rendez-vous où je lève la tête du quotidien pour regarder où j’en suis et décider de la prochaine étape. Mabon, l’équinoxe d’automne, est l’un des plus parlants : le jour et la nuit s’équilibrent, et vient le temps de la seconde récolte. Avec l’automne qui commence, on regarde ce qui a mûri.
Chaque année, je commence janvier avec des objectifs plein la tête. Et puis les saisons défilent, et la fin de l’année arrive beaucoup plus vite que prévu. C’est pour ça que j’aime m’arrêter ici : il reste assez de temps pour agir, mais plus assez pour tout repousser, alors je me pose trois questions.
D’abord, qu’est-ce qui a mûri ? Mon grand projet de l’année, c’était de construire une équipe autour de nos patchs de photothérapie, et j’y arrive. Je suis fière et profondément reconnaissante d’être entourée de personnes qui aiment la santé au naturel et qui me font confiance. Ce girls power, c’est ma plus belle récolte.
Ensuite, qu’est-ce que j’ai envie de transmettre ? Les remèdes de grand-mère, les petits rituels, les noms des plantes sauvages, la façon de les reconnaître et de les préparer… Ces savoirs ancestraux font partie de mon univers depuis longtemps et, pour moi, leur transmission est devenue une véritable mission. Un savoir ne se garde pas pour soi, sinon il se perd. Mes ateliers de découverte des salades sauvages, que j’anime au sein de mon association, sont une façon de transmettre ces savoirs.
Enfin, qu’est-ce que j’ai encore envie d’aller chercher ? Ces deux premiers points, je les partage avec d’autres : une équipe qui grandit ensemble, un savoir qui circule. Or Mabon est aussi une histoire d’équilibre, et j’ai quelques projets qui sont pour moi, comme retrouver une petite voiture, parce que rouler en camion, ça va cinq minutes et aussi faire construire une piscine pour l’été prochain. Ce sont de vrais projets, et c’est comme semer à l’automne : on prépare maintenant ce dont on profitera aux beaux jours.
Trop souvent, on attend tous « le bon moment », Mabon nous rappelle qu’il n’y en a pas de meilleur que maintenant : ce n’est pas encore l’heure du bilan, c’est celle de la dernière ligne droite.
Alors si, vous aussi, vous levez la tête en ce moment : qu’est-ce qui a mûri dans votre année ? Qu’est-ce que vous avez envie de transmettre ? Et qu’avez-vous encore envie d’aller chercher ?
Il reste juste assez de saison pour le faire.

